Avant d’abattre une cloison porteuse, de refaire intégralement une plomberie ou de démolir un bâtiment, une question technique devient aussi une question juridique : que va-t-on faire des matériaux et des déchets produits par le chantier ? Depuis 2023, la réponse ne relève plus du seul bon sens du maître d’œuvre : un diagnostic PEMD (produits, équipements, matériaux, déchets) est obligatoire pour certaines opérations de démolition ou de réhabilitation lourde. Voici ce qu’il faut savoir avant de lancer un chantier à Nice et dans les Alpes-Maritimes.
Qu’est-ce que le diagnostic PEMD ?
Le diagnostic PEMD est une obligation issue de la loi relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire (loi AGEC du 10 février 2020). Codifié à l’article L.126-34 du Code de la construction et de l’habitation (CCH), il impose au maître d’ouvrage de faire réaliser, avant travaux, un état des produits, matériaux et déchets que l’opération va générer, afin de prioriser leur réemploi, à défaut leur valorisation, et de préciser les filières de recyclage recommandées (source : Légifrance, art. L.126-34 CCH).
Concrètement, il s’agit d’anticiper le tri et la seconde vie des matériaux — menuiseries, sanitaires, luminaires, éléments de structure réemployables — plutôt que de tout envoyer en déchetterie en fin de chantier.
Depuis quand cette obligation s’applique-t-elle ?
Le cadre réglementaire a été posé par le décret n°2021-821 du 25 juin 2021, mais c’est l’arrêté du 26 mars 2023 qui a fixé le contenu précis du diagnostic et le formulaire CERFA à utiliser. Son article 6 est sans ambiguïté : l’obligation s’applique « aux démolitions et aux rénovations significatives de bâtiments pour lesquelles la date de dépôt de la demande d’autorisation d’urbanisme ou de travaux […] est postérieure au 1er juillet 2023 ». C’est donc cette date qu’il faut retenir pour savoir si votre projet est concerné.
Quels travaux sont concernés à Nice ?
Le seuil de 1 000 m² de surface de plancher
L’article R.126-8 du CCH vise les opérations de démolition ou de rénovation significative « dont la surface cumulée de plancher de l’ensemble des bâtiments concernés est supérieure à 1 000 m² » (source : Légifrance, art. R.126-8 CCH). Ce seuil porte sur l’ensemble des bâtiments de l’opération : un ensemble pavillonnaire ou un petit collectif démoli en une seule opération peut donc être concerné, même si chaque bâtiment pris isolément est plus modeste. Il ne s’agit pas d’une exemption légale pour les maisons individuelles, mais d’un simple effet de seuil.
Rénovation « significative » : de quoi parle-t-on ?
La notice CERFA officielle précise qu’une rénovation est « significative » dès lors qu’elle touche à plus de la moitié de la surface ou de la quantité d’au moins deux éléments de second œuvre parmi : planchers, cloisons extérieures non porteuses, huisseries extérieures, cloisons intérieures, installations sanitaires et de plomberie, installations électriques, systèmes de chauffage. Pour nos clients qui rénovent des bureaux ou des locaux professionnels à Nice, ce seuil est souvent atteint dès lors que le projet touche plusieurs lots en même temps.
Le cas des bâtiments à activité à risque
L’obligation s’applique aussi, quelle que soit la surface, à tout bâtiment ayant accueilli une activité agricole, industrielle ou commerciale ayant impliqué l’usage ou le stockage de substances classées dangereuses (même référence réglementaire).
Qui réalise le diagnostic, et avec quelles garanties ?
Le diagnostic doit être réalisé par un professionnel indépendant du maître d’ouvrage et des entreprises susceptibles d’intervenir sur le chantier — une exigence d’impartialité posée par l’article R.126-12 du CCH. Ce diagnostiqueur doit justifier d’au moins trois ans d’expérience comme technicien ou agent de maîtrise du bâtiment, ou d’un diplôme de niveau bac+2 minimum (BTS bâtiment, BTS travaux publics), et d’une assurance professionnelle d’au moins 300 000 € par sinistre et 500 000 € par année d’assurance (source : Légifrance, art. D.126-12 CCH).

Contenu du diagnostic et transmission
Le diagnostic décrit la nature, la quantité et la localisation des matériaux et déchets prévisibles, leur état de conservation, les possibilités de réemploi ou de recyclage, et les précautions à prendre pour leur dépose et leur stockage. Il se formalise via le formulaire CERFA n°16287, à transmettre avant le dépôt de la demande d’autorisation d’urbanisme (ou avant l’acceptation des devis), sur la plateforme réglementaire PEMD gérée par le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB). Un second document, le formulaire de récolement, doit ensuite être transmis dans les 90 jours suivant la fin des travaux pour rendre compte de ce qui a effectivement été réemployé, recyclé ou éliminé.
Avant d’en arriver au diagnostic PEMD, pensez aussi aux diagnostics préalables classiques — amiante, plomb, état de la structure — détaillés dans notre guide diagnostic avant travaux à Nice, et à notre checklist avant travaux de rénovation pour ne rien oublier dans le montage de votre dossier.
Que risque-t-on en cas de non-conformité ?
L’article L.183-4 du CCH prévoit une amende de 45 000 € pour le maître d’ouvrage, l’architecte ou l’entrepreneur qui méconnaît l’obligation prévue à l’article L.126-34, avec une peine complémentaire pouvant aller jusqu’à 6 mois d’emprisonnement en cas de récidive (source : Légifrance, art. L.183-4 CCH). Un diagnostic manquant ou incomplet peut aussi retarder l’instruction de votre permis de construire ou de démolir, puisque le document doit être transmis avant le dépôt de la demande.
Genesius GCR : vos travaux de démolition et de réhabilitation à Nice
Genesius GCR intervient à Nice et dans les Alpes-Maritimes sur les chantiers de démolition, de curage et de réhabilitation lourde, en lien avec des diagnostiqueurs indépendants habilités pour le PEMD. Nous intégrons cette obligation dès la phase de montage de votre dossier, pour éviter tout retard d’instruction. Contactez-nous pour étudier votre projet de démolition ou de réhabilitation et sécuriser vos démarches réglementaires.
Sources officielles
- Légifrance — article L.126-34 du Code de la construction et de l’habitation
- Légifrance — article 51 de la loi AGEC n°2020-105 du 10 février 2020
- Légifrance — arrêté du 26 mars 2023 (entrée en vigueur au 1er juillet 2023)
- Légifrance — article R.126-8 du CCH (seuil de 1 000 m²)
- Légifrance — article D.126-12 du CCH (compétence et assurance du diagnostiqueur)
- Légifrance — article L.183-4 du CCH (sanctions)
- ecologie.gouv.fr — le diagnostic PEMD
- Notice CERFA officielle n°52388#01 (formulaire 16287)

